Comment voir la Station spatiale internationale (ISS)
La station spatiale est un point lumineux brillant et fixe qui traverse le ciel en quelques minutes. Elle n'est visible que lorsqu'elle est éclairée par le Soleil alors que votre ciel est sombre : dans les quelques heures qui suivent le coucher du soleil ou qui précèdent son lever.

La Station spatiale internationale (ISS) est le plus grand objet jamais placé en orbite, et depuis le sol c’est l’une des choses les plus faciles à repérer dans le ciel nocturne. Elle ressemble à une étoile très brillante qui se déplace régulièrement dans le ciel, sans clignoter, et passe d’un horizon à l’autre en quelques minutes. La NASA la compare à un avion ou à une étoile très brillante qui traverse le ciel nocturne, sauf qu’elle n’a pas de feux clignotants et ne change pas de cap.
Pourquoi on peut la voir
La station n’a aucune lumière assez puissante pour être vue depuis le sol. Ce que vous voyez, c’est la lumière du Soleil réfléchie par ses immenses panneaux solaires et ses modules, qui se détache sur un ciel sombre. D’où la condition de toute observation : la station doit être éclairée par le Soleil pendant que vous êtes dans l’obscurité. C’est le cas dans les quelques heures qui suivent le coucher du soleil et qui précèdent son lever, quand le Soleil est couché pour vous au sol mais éclaire encore la station, 400 km plus haut. Au milieu de la nuit, la station traverse l’ombre de la Terre et reste invisible.
Quelques données de la NASA qui expliquent ce que vous voyez :
- Altitude : environ 400 km (250 miles) au-dessus du sol.
- Vitesse : environ 28 000 km/h (17 500 mph), soit un tour de la Terre en 90 minutes environ.
- Inclinaison : son orbite est inclinée de 51,6° par rapport à l’équateur. Depuis les lieux situés à plus de 51,6° au nord ou au sud de l’équateur, la station ne passe jamais exactement au zénith, mais elle reste visible plus bas dans le ciel depuis la plupart des régions habitées.
Lire une prévision de passage
Un passage se décrit avec quelques nombres :
- Heure : le moment où la station apparaît au-dessus de l’horizon, en heure locale.
- Durée : le temps pendant lequel elle reste visible, généralement quelques minutes. Les passages les plus longs montent haut dans le ciel.
- Hauteur maximale : le point le plus haut du passage au-dessus de l’horizon, en degrés. Le repère de la NASA : l’horizon est à 0°, le zénith à 90°. Un passage dont la hauteur maximale est de 10° reste bas et peut être caché par les maisons et les arbres. Au-dessus de 40°, il est facile. Au-dessus de 70°, la station passe presque au zénith et atteint son éclat maximal.
- Apparition et disparition : les directions de la boussole où la station entre dans votre champ de vue et le quitte. Les passages vont toujours à peu près d’ouest en est, parce que c’est le sens dans lequel la station tourne autour de la Terre.
Où regarder
Tournez-vous vers la direction indiquée pour l’apparition, en général un point à l’ouest, une minute avant l’heure prévue. La station monte depuis l’horizon comme un point faible et gagne en éclat à mesure qu’elle s’élève. Suivez-la à travers le ciel. À la fin, soit elle se couche à l’est, soit elle s’éteint en entrant dans l’ombre de la Terre. Lors des passages du matin, c’est parfois l’inverse : elle apparaît soudain haut dans le ciel en sortant de l’ombre.
Aucun matériel n’est nécessaire. Des jumelles montrent au mieux une forme légèrement allongée, et la station se déplace trop vite pour être suivie au télescope sans entraînement.
Conseils
- Consultez les prévisions de passage la veille et réglez une alarme. Un bon passage est terminé en cinq minutes.
- Un ciel dégagé compte plus qu’un ciel noir. La station est assez brillante pour être vue depuis un centre-ville, et même en plein crépuscule lors des meilleurs passages.
- Attention aux autres satellites. Beaucoup se déplacent de la même manière mais sont plus faibles. La station est généralement l’objet mobile le plus brillant du ciel.
- On peut la confondre avec les planètes, les étoiles filantes et les avions : les planètes ne bougent pas de façon perceptible en quelques minutes, une étoile filante dure une seconde ou deux, et les avions clignotent.
Les prévisions
Les prévisions de passage sont calculées à partir des éléments orbitaux actuels de la station, que l’US Space Force met à jour deux ou trois fois par jour et que CelesTrak republie toutes les deux heures (les données de trajectoire de la NASA elle-même sont mises à jour environ trois fois par semaine). Elles dérivent d’une minute ou deux en une semaine, parce que la station est rehaussée de temps en temps pour compenser le freinage atmosphérique : utilisez donc une prévision établie dans les derniers jours. La page de la station spatiale liste les passages visibles depuis votre lieu pour les dix prochaines nuits.
Sources
- NASA: Spot the Station (aspect de la station, raison de sa visibilité, inclinaison, hauteur maximale)
- NASA: International Space Station (altitude et vitesse)
- CelesTrak (éléments orbitaux utilisés pour les prévisions de passage)
Questions fréquentes
Quel est l'éclat de la station spatiale ?
Lors d'un bon passage, elle surpasse toutes les étoiles et peut rivaliser avec Vénus, la planète la plus brillante. Elle est assez lumineuse pour être vue depuis une ville. Les passages bas sur l'horizon sont beaucoup moins brillants.
Pourquoi la station disparaît-elle soudain en plein ciel ?
Elle est entrée dans l'ombre de la Terre. La station ne brille que par la lumière du Soleil qu'elle réfléchit : quand elle passe dans l'ombre, elle s'éteint en une demi-minute environ, même haut au-dessus de l'horizon. Avant le lever du soleil, c'est l'inverse : elle surgit de nulle part en sortant de l'ombre.
La station clignote-t-elle ?
Non. C'est une lumière fixe, blanche ou légèrement jaunâtre. Une lumière mobile qui clignote est un avion. Certains satellites peuvent aussi émettre des éclairs en tournant sur eux-mêmes, mais pas la station.
À quelle fréquence peut-on la voir ?
Cela dépend de votre latitude et de la saison. Il y a des séries de plusieurs soirées ou matinées consécutives avec des passages visibles, suivies de semaines sans aucun, parce que l'orbite de la station dérive par rapport au Soleil.